Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 17:00

« Prière de ne pas lever les volants ». La feuille A4, maladroitement collée à la fenêtre scintille dans la lumière blanche du néon. Ca fait 5h qu’elle est allongée là, sur ce lit. La tête de son mari posée à côté du bras qui porte le cathéter lui apporte un peu de chaleur. « Prière de ne pas lever les volants ». Comme si on devait la cacher du monde extérieur. Comme si l’accouchement devrait rester secret. Chhuut…cachez moi, je suis en train de mettre au monde un enfant. Que personne ne voie ma souffrance ! Les douleurs ont commencé, comme la première fois, dans la soirée. Le travail s’est déclenché à 1h du matin. Une sensation qu’on n’oublie pas quand on est déjà maman. Une sensation de déchirement. Quelqu’un essaie littéralement de te déchirer. De forcer le passage.

 

Advienne que pourra. 5h déjà dans la salle de naissance. Relayée aux appareils, paralysée (oui, la péridurale est un choix et tant mieux). Le liquide se diffuse de manière inégale, alors les douleurs restent quand même sur le côté droit. Est-ce qu’elles sont supportables ? Est-ce qu’elles le sont parce qu’elle n’a pas d’autre choix que de les supporter. Elle voudrait dormir, mais elle attend que la sage femme revienne avec les nouvelles. Elle a la bouche sèche et tuerait pour une goutte d’eau. Mais la sécheresse est le prix à payer pour ne pas sentir ses douleurs. La sage femme revient. Elle a l’air fatiguée. En début de nuit son maquillage impeccable contrastait avec la pâleur de sa patiente. La douleur ne rend pas plus jolie. Maintenant, peut-être quelques accouchements plus tard, elle aussi elle est pâle et a l’air fatiguée. Mettre au monde des enfants n’est pas un métier tranquille. La sage femme la consulte. Non, non…ce n’est pas encore le moment, la dilatation n’est pas complète. Il faudra attendre encore. C’est mythe, on n’accouche pas forcément plus rapidement pour un deuxième. Mais aime-t-on autant notre deuxième ?

Puisqu’elle a le luxe d’attendre sans trop souffrir et puisque de toute façon elle ne peut aller nulle part, elle s’offre le plaisir de flipper. Non pas pour l’accouchement, elle est quand même dans un bon hôpital, mais pour son premier enfant et pour son deuxième : comment est-ce que son aîné va encaisser l’arrivée de son frère ? Pourra-t-elle aimer autant ce deuxième bébé ? Ca semble difficile, voire impossible, d’aimer quelqu’un si ce n’est de la même façon, avec autant d’intensité. Sera-t-elle à la hauteur de son rôle de maman de deux enfants ou sentira-t-elle, comme plusieurs de ses copines qu’elle est plus proche de l’un que de l’autre ? Toute la grossesse elle s’est posée cette question. Même si ce ventre a été autant caressé que celui d’avant. Même si les moments de complicité avec ce bébé qui va naître vont être tout aussi doux et magiques. Peut-on aimer ses deux enfants de la même façon ? La question la tourmente et lui fait oublier les douleurs qui se font de plus en plus fortes. C’est peut-être le moment d’envoyer une nouvelle dose. Mais avant, la sage femme propose de rompre la poche des eaux. Quelle ironie ! Quelle belle ironie. Pour quelqu’un qui a fissuré la poche des eaux une fois, ne jamais accoucher par rupture franche de la poche des eaux. La nature est mystérieuse et capricieuse. La rupture de la poche des eaux ne fait pas mal. C’est ce qu’on dit. Peut-être. Si elle arrive naturellement. Lorsqu’on force la poche des eaux, en maternité, c’est une autre paire de manches. Alitée, incapable de bouger, reliée aux appareils qui bipent, elle ne veut qu’une seule chose. Arrêter de la trifouiller. Quel vœu pieux.

 

Le trifouillage ne fait que débuter, ma chère dame. Essaie de dormir un peu, ça te fera du bien. Mais le sommeil refuse d’arriver. Pourtant il serait si précieux. Si précieux. Elle sait à quoi ressembleront ses nuits pendant quelques mois. Quelques bons mois si c’est comme pour son premier fils. Les nuits blanches, les seins qui font mal, le lait qui inonde le lit, ce lien insécable avec son enfant. Ce lien qui la transforme en animal, ce lien de sang et de lait, cette chaleur de deux corps qui se sont confondus et qui se confondent encore quelques temps après cette violente séparation qu’est l’accouchement. Seule une femme, une maman peut comprendre la valeur de ce lien tellement beau, tellement épuisant, qui fait qu’elle saura se réveiller pour le nourrir avant que lui-même sache qu’il a faim. Magie et doux esclavage. Les bips bips bips bips du monitoring s’enchaînent. La tête noire de l’homme d’à côté bouge légèrement. Lui aussi est fatigué. Il a des cernes. Est-ce que pour cet enfant il trouvera le courage de pleurer ou la pudeur prendra encore le dessus ?

 

Tu peux envoyer une nouvelle dose ? Elle vient de sentir un mouvement énorme, comme si on essayait de déménager ses organes. Non, de les broyer. Les extirper. Le bébé passe dans le bassin, annonce la sage femme. Elle est de retour. Envoie une nouvelle dose, s’il te plaît. Cette sensation est insupportable. Ce n’est pas elle qui a la pompe, mais lui. Non, on ne peut pas envoyer de nouvelle dose, pas si souvent. Et le cauchemar continue. Elle imagine que c’est ça un écartèlement, ça doit ressembler à ça. Ensuite la sage femme (la nouvelle !) vient et lui explique qu’elle doit pousser, c’est l’accouchement qui la délivrera de la douleur. Pousser, mais avec quelles forces ? Cette douleur va chercher jusqu’au plus profond de son âme. Elle est insoutenable, elle arrache les organes, fait arrêter le cœur, donne envie de vomir. Pousse, pousse…pousse.


La délivrance. Le petit corps fripé et un peu violet sort enfin. La sage femme le prend et l’enveloppe dans un drap blanc. La mère regarde son fils, son deuxième garçon. En une seconde le souvenir de la douleur s’estompe. Seulement une vague sensation reste, comme à la sortie d’un rêve. Son bébé sur la poitrine, c’est tout ce qui compte. Et c’est tout aussi magique que la première fois. Il a suffit de l’avoir sur soi pour savoir, sans aucun doute possible, comment toutes les questions étaient inutiles. Une maman et son bébé. Mon bébé et moi.

 

Mon deuxième petit miracle, mon garçon qui est arrivé si silencieusement, de manière si inattendue. Je n’ai pas de mots pour te dire combien je t’aime, toi aussi.

 

Prière de ne pas lever les volants. Que personne ne puisse espionner ce moment rien qu'à nous!

Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article
9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 16:35

Mon grand garçon.

Je suis à deux semaines ou peut-être même moins d'accoucher de ton frère. La grossesse suit son cours tranquille pour l'instant. Je suis en congés mat, tu es chez la nounou la journée et je me repose. Je profite de ce sursis qui m'est donné et que je ne connaîtrai avant longtemps. Tu commences à t'affirmer. Tu commences à aimer le NON. Ce sacré NON, que tu nous balances du matin au soir, même quand en vérité c'est le OUI que tu veux. 

Papa et moi essayons d'être à ton écoute, ne pas t'interdire trop les choses, pour ne pas te frustrer. T'expliquer, lorsqu'on t'interdit les choses, t'accompagner. Tu es dégourdi et tu es de plus en plus drôle. Bien sûr, quand tu ne te réveilles pas du mauvais pied, comme ce matin. Je t'amène tous les jours au parc. Tu sais monter seul dans le toboggan et tu fais comme tous les autres enfants. Tu ne sais pas attendre ton tour, tu pousses les autres, tu râles, tu prends et t'appropries les jouets des autres, jusqu'à ce que le propriétaire vienne les demander. Parfaois tu m'écoutes et tu vas rendre les objets aux enfants. Tu as un magnifique sourire et tu dis : "Tiems" au lieu de "Tiens". Je dirais que les choses vont pour le mieux, même si cette étape est plus dure que les autres. Quand tu as l'impression d'être contrarié, tu t'assois par terre, tu ne veux plus bouger et tu pleures. Comme c'est compliqué de se baisser en ce moment, j'ai un peu du mal, mais j'essaie de rester calme, de t'expliquer pourquoi tu n'as pas eu le droit de garder doudou dans une main, alors que tu étais en train de monter dans le toboggan dangereux. Mais tu ne comprends pas qu'il te faut tes deux mains libres, pour te rattraper si besoin. 

J'essaie d'être une bonne maman, d'être là pour toi, de te cajoler, de te donner de l'amour, comme je l'ai fait depuis le début. Mais depuis quelques mois tu as décidé de te séparer de moi. Tu n'as de l'attention que pour papa. Alors je souffre. Parfois en silence, parfois en parlant à papa, une seule fois en pleurant devant toi. Quoique je fasse, je n'arrive plus à capter ton attention. Quand j'arrive te chercher chez la nounou, tu ne veux pas venir avec moi. Je ne parle même pas de bisous ou de calins. Quand tu es au parc, tu m'accordes un sourire, mais tu es plus préoccupé à courir après les autres enfants qu'à venir à ma rencontre. C'est moi qui te prépare les matins, pour aller chez ta nounou. Souvent, dès que je viens te lever du lit pour te donner le bib, tu me demandes papa. Quand je reste seule avec toi, pendant que papa prend sa douche, tu me demandes tout le temps papa? Papa? Papa? Je te dis qu'il est en train de se laver que nous allons faire la même chose, se nettoyer un peu après la nuit et s'habiller pour aller à la crèche ou chez ta super nounou. Tu n'es pas content, alors tu râles, tu pleures, tu cries et même si je fais comme ils disent de faire dans les livres, parfois c'est difficile, avec mon ventre en plus te convaincre que c'est l'ordre naturel des choses de changer la couche pleine de la nuit et de ne pas sortir en pyj. Une fois sur la table à langer je trouve les astuces, je te donne des jouets et j'arrive à t'habiller. Dès que tu es habillé, tout beau, comme un sou neuf, tu cours voir où est papa. Tu lui prends ses jambes dans tes bras. Papa a droit aux calins. Papa ne porte pas un bébé, papa ne t'a pas trahi. Ou papa peut toujours faire des choses qui me sont interdites maintenant. Te jeter en l'air, te laisser faire du cheval sur son dos, te laisser monter sur son ventre, courir après toi, te poter sur ses épaules. Oui, tu as un papa en or, attentionné, drôle, à ton écoute. Mais j'aimerais que tu partages un peu cette affection que tu lui portes avec moi. Je me sens transparente, triste, inutile, amère, mauvaise maman...J'ai le sentiment que ça te ferait égal si je n'étais pas là du tout, puisque du matin au soir, tout ce que tu sais demander c'est : Maman? PAPA!

La plupart des jours je cache cette tristesse et je reste la même avec toi. J'essaie de remplacer les choses physiques par des livres, de la pâte à modeler ou des legos. Je te consacre tout mon temps, dès que tu reviens de chez la nounou. Te garder avec moi toute la journée, je ne pourrai pas et ce ne serait pas juste pour ton frère. Je dois me ménager un peu pour lui aussi, même si ce n'est pas la même grossesse, j'aimerais le porter le plus longtemps possible, pour qu'il soit en forme à la naissance.

Aujourd'hui je suis particulièrement triste. En quelque sorte, j'ai hâte d'accoucher, parce que je me dis qu'au moins comme ça tu verras que maman peut porter son attention sur quelqu'un d'autre que toi et peut-être, à ton tour tu daigneras m'apporter un peu plus d'affection. 

J'essaie de savoir d'où vient cette attitude. L'explication que je choisis, parce que c'est la seule qui ne me brise pas le coeur, c'est que tu as compris que tu es un être différent de moi, que nous ne faisons pas une seule personne et tu me montres que c'est le moment que tu prennes ton envol, sous les yeux de maman, mais loin de ses bras. A priori cette nouvelle autonomie que tu as acquise, qui me fend le coeur à moi, t'es bénéfique, parce que ça veut dire que j'ai bien fait mon boulot. Mon amour t'a donné des ailes. Je devrais être fière et contente. Et pourquoi alors, je sens que mon petit monde s'écroule, que toute la tristesse de la terre s'accumule dans mes yeux et que mon coeur se rompt en mille petits morceaux inutiles, à chaque fois que je me baisse pour te prendre dans mes bras et que tu me dis NON, à chaque fois que je t'amène jouer ou faire du manège et que tu me demandes PAPA? 

Non, je ne suis pas jalouse de papa, je ne suis pas aussi bête. Je suis heureuse que tu aies un papa comme lui. C'est la façon de regarder à travers moi, comme si j'étais une vitre bien lavée. Je ne sais pas comment t'apporter de l'amour et de l'attention. A chaque fois que je vais te chercher j'ai le coeur qui saute de joie, parce que je sais que je vais voir ton beau sourire. Mais depuis quelque temps je crains les retrouvailles. Je ne sais pas combien de temps encore je pourrai cacher cette peine, ne pas éclater en sanglots parce que j'ai l'impression que je n'existe plus. Vivement que cette période passe, j'aime pas vivre avec des miettes d'amour. 

Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 16:17

Mon tout petit,

(oui, il faut que j'arrive à vous distinguer quand même, lorsque je vous écris). 

Tu vas bien et nous somme arrivés au terme de 29 SA. D'après mon livre, ça y est, tu es viable. Si tu venais à naître maintenant, tu serais un grand prématuré, mais tu aurais quand même tes chances de survivre sans beaucoup de sequelles. Je te demande simplement d'attendre ton terme, comme ton frère. Même si nous avons déjà ton petit lit (lit cododo, je ne lutterai pas pour que tu dormes ailleurs qu'à mes côtés, je suis sereine, tu dormiras dans ton lit, mais accroché au nôtre) nous avons encore beaucoup de préparatifs avant ta naissance. Nous avons commandé, comme pour ton frère, des autocollants, sur le même site, même dimensions, je pense. Ton frère a un ours, tu auras des dinosaures, parce que nous t'appelions notre dinosaure lorsque tu avais la taille d'un petit pois.

La grossesse avance bien, tu es très actif, tu me donnes des coups, j'ai l'impression plus forts que ton frère et parfois tu me réveilles. Tu es un filou aussi et parfois j'imagine comme vous allez jouer tous les deux quand vous serez un peu plus grands. En tout cas, saches que tu as un papa formidable, exceptionnel, qui te fera découvrir plein de choses et qui te fera faire plein de bêtises pour enfants. Mais il faut patienter encore 2 mois au moins avant de nous rencontrer. Même 2 mois et 1/2. 

Côté grossesse, ben, ça reste dans ton cas aussi une grossesse. Avec la fatigue, les remontées acides, les jours où on ne peut pas manger, les chutes de tension etc. J'ai été arrêtée au 6ème mois, parce que j'étais extrêmement fatiguée. Cet hiver j'ai dû attraper tous les rhumes, toutes les angines et je crois bien que j'ai eu ma première gastro. Je m'en serais bien passée, mais ton frère nous en a fait grâce, c'est papa maintenant qui est malade. Ton frère a été très malade, il m'a crevée le coeur. Il a vomi, eu des diarhées, pas mangé pendant 4 jours d'affilé. Ce n'est qu'hier qu'il a retrouvé un peu l'appétit et le sommeil. Il est rigolo, quand je lui dis qu'il va avoir un petit frère, je lui montre mon ventre et je lui dis "bébé". Alors il me regarde, il sourit et il me répond : "bébé". 

Il commence à dire quelques mots :

- doudou (mais bien sûr, c'est son fidèle compagnon, il ne peut plus s'en passer...On verra lequel tu choisiras!)

- maman

- papa

- loulou (c'est pour manger)

- l'eau/ l'eau (il le dit comme ça, deux fois, au cas où on ne comprendrait pas bien)

- pain

- pomme (mais pas souvent)

- au revoir 

- tiens, maman! (je crois que c'est sa première phrase=)

- allô! allô (il se balade, téléphone ou autre objet à la main et il crie allô, allô!)

- cocodile ou codile (on n'arrive pas à comprendre pourquoi parmi tous les animaux il a choisi le plus compliqué, mais il fait ses choix assez judicieusement, il paraît!)

- cot cot

- là

- coucou (il se cache derrière les rideaux, on voit ses bouts de pieds qui dépassent, mais il reste bien caché...)

- il est là...(quand nous n'arrivons pas a priori à le retrouver il sort de derrière les rideaux et nous sourit "il est là!)

- non (ça commence à être assez régulier et il tape un peu des pieds, mais ça reste raisonnable)

- oui (le oui le plus décidé et ferme que j'ai jamais entendu, on dirait un vrau sage).

Je ne sais pas si c'est la liste exhaustive, parce qu'en ce moment il n'arrête pas de répéter ce que nous lui disons. Répéter c'est rigolo. 

Papa disait qu'il avait peur que tu allais, toi, grandir trop vite, justement parce que tu auras ton grand frère pour te montrer le chemin. Je suis juste contente de me dire que vous serez deux. Seul c'est plus dur et plus triste. 

Il faut que nous arrivions à vous faire comprendre que vous serez, l'un pour l'autre, un repère dans la vie. 

Si j'ai un peu peur de tes 3 premiers mois, à cause de la fatigue, saches que je sais que tu seras autant aimé que ton frère. Différement, mais autant.

Reste au chaud, mon enfant, continue à te développer normalement. Nous t'aimons énormément.


Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:29

Mes enfants,

Ça fait un petit moment que je ne me suis pas plongée dans l’écriture. Je pense, mon tout petit que tu seras déçu…Pour ton frère j’écrivais tout le temps, pour toi j’ai moins de temps à accorder à l’écriture. Parce qu’entre le travail et ton frère, je suis assez crevée, mais aussi parce que j’ai un peu moins de démons à exorciser.

J’ai passé une longue et drôle écho du 3e mois. Tout va bien, nuque fine, marqueurs sériques ok…Le doc a dû attendre une heure et ½ pour que tu te mettes en position correcte pour mesurer exactement la nuque.

Nous avons eu la visite surprise de mon médecin, qui m’a suivie pour la grossesse pathologique de ton frère. Elle est passée comme ça et elle m’a dit en un clin d’œil : « La nuque est fine…ne me faites pas la même grossesse que la dernière fois ». C’est tout ce que je nous souhaite.

 

Je suis malade depuis 3 semaines. Au début un gros rhume et maintenant un plus petit rhume que j’ai dû chopper quelques jours après la guérison. Je suis en petite forme et ce qui me fait encore plus peur c’est que ça ira de moins en moins. Pour ton arrivée, je serai KO…Mais à chaque fois que je pense à ton arrivée, j’ai peur, mais j’ai hâte quand même. De te voir dans mes bras, en bonne santé. De t’allaiter et de te chouchouter, comme j’ai fait avec ton frère.

Demain je serai à 21 SA. L’écho morphologique est prévue pour jeudi matin, alors comme d’habitude, plus ça se rapproche, plus j’ai peur que quelque chose aille mal. Parce que j’ai l’impression que c’est trop beau, trop tranquille pour que ce soit vrai. Puis en même temps, je m’accroche à un sentiment de paix, que je vais puiser au fond de moi. En ce moment même, pendant que j’écris, je te sens bien bouger en bas du ventre. Comme si tu lisais ces mots…

Je t’aime mon bébé…il faut que tout aille bien avec toi aussi. Je sais que ce sera compliqué avec vous deux si petits, mais en même temps, quel bonheur, quelle belle surprise du ciel.

Nous ne savons pas encore exactement si tu es une petite fille ou un petit gars…ce qui importe c’est que tu sois en bonne santé. Papa et moi allons t’aimer comme des fous. Pas pareil que ton frère, c’est sûr, mais autant. Et puis il y en a un qui t’attend, je crois. Il ne le sait pas encore, mais il t’attend. Papa et moi essayons de le préparer à ton arrivée. « Tu seras grand frère, tu pourras lui apprendre plein de choses, tu seras un peu son modèle… ». Il nous regarde et il sourit, puis il va dénicher son bouquin où les animaux sont vivants, parce qu’ils ont de la « vraie » fourrure et on peut la toucher…

Ton grand frère aura 14 mois bientôt. Il marche bien, parfois il fait des accélérations improbables. Il charme les commerçants du quartier. Il adore leur faire au revoir de sa petite main, pendant une bonne minute quand il sort des magasins. Vous serez les vedettes du quartier. Vous allez faire les 400 coups ensemble.

Il commence à dire quelques mots : encore, au revoir, maman, non, oui (plutôt voui…) et DOUDOU…oui, tu verras, la relation entre ton frère et son doudou est inextricable. En fait elle est tellement importante que nous ne pouvions même pas le laver…alors nous n’en avons pas qu’un, mais 3 doudous…et oui, 3 doudous, que nous cachons religieusement, pour qu’il n’en connaisse qu’un seul doudou. The one and only, sa Majesté Doudou !

En ce moment ton frère n’est pas en pleine forme. Il a eu une gastro la semaine dernière. Papa et moi avons dû le garder à la maison. Il mange très peu et semble à fleur de peau. Par-dessus est venue se coller une conjonctivite. Est-ce que c’est la gastro, est-ce que ce sont les dents ?

Il en a 6 pour le moment et j’ai l’impression qu’il y en a une en haut qui s’essaie à percer. Pourvu qu’elle ne tarde pas trop et qu’elle ne lui fasse pas trop trop mal. Papa et moi avons retrouvé les nuits complètes et c’est tellement agréable. J’ai l’impression de revivre à nouveau. Comme les chameaux font des réserves d’eaux, les mamans rêvent de réserves de sommeil. Si je pouvais tout stocker dans une besace et sortir 1-2 heures de réserve de sommeil quand j’en aurai le plus besoin…

Mais tu feras comme tu pourras, toi aussi. Regarde, ton frère est là, nous sommes les parents les plus gagas au monde et nous avons survécu. Les gens essaient de nous préparer en nous disant comme ce sera compliqué une fois que tu seras là, mais franchement, je ne veux pas y penser. Qui on habillera en premier, lequel sortira par la porte en premier, comment nous allons vous porter ? En écharpe, en porte bébé…

Une chose est sûre. Je vais essayer, dans la mesure du possible de te donner autant d’amour qu’à ton frère (là aussi tu m’a donnée un coup, signe que tu me fais confiance ?).

Je vais essayer de te garder collé à moi, comme j’ai fait avec ton frère, de t’allaiter exclusivement pendant 3 mois, puis mixte jusqu’à tes 6 mois. Et le plus important, je vais essayer de rester à la maison avec vous jusqu’à tes 6 mois…éloigner un peu le moment de la séparation. Je ne sais pas si je vais arriver, parce que si je veux garder la crèche de ton frère, il va ne pas falloir que je fasse une trop grosse coupure, mais je vais essayer. Je regrette d’avoir laissé ton frère aussi vite chez la nounou, mais je crois qu’après 9 mois d’enfermement j’avais besoin de sortir, de reprendre ma vie sociale.

 

Juste un petit mot, avant de finir ce post et de promettre que j’essaierai de revenir un peu plus souvent. Côté poids grossesse, j’essaie aussi de faire plus attention que la 1ere fois…j’en suis à 2.5 kg. Pour l’entrée dans le 5e mois de grossesse ce n’est pas si mal, même si j’essaie quand même de limiter les dégâts. Je veux être une maman en forme quand tu arrives.

 

 

Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article
13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 21:32
Mon enfant, mon fils. Tu auras un an ce mois-ci. Un an.
C’est à la fois étonnant, touchant, joyeux, mais aussi un peu triste. Le temps passe vite. Je regarde tes photos de 1 mois ou de 2-3 mois. Je sais quel âge tu as sur ces photos, parce que je reconnais la salopette marron, le Tshirt avec un cerf, dans lequel je t’avais habillé pour te présenter à mes collègues. Je ne sais pas quoi dire du temps passé, si ce n’est cette impression subtile, que tu as toujours fait partie de ma vie.
Elle est étrange cette première année. Elle est crevante à en crever, pleine de découverte, de peurs, de joies, de larmes et de rires, on veut que les mois passent vite, pour être sûre que tu n’es plus un nourrisson et donc la mort subite s’éloigne, mais aussi te garder au sein pour téter. Quand je me souviens des jours où tu étais collé à moi, à mon sein, des heures et des heures, j’ai un sourire aux coins des lèvres. A l’époque je ne dormais pas beaucoup, certes et tout ce que je voulais c’était de pouvoir te laisser quelques minutes pour aller me laver, sans t’entendre pleurer. Je ne t’ai jamais laissé pleurer. Je ne sais pas si j’ai bien fait ou pas, mais aujourd’hui tu es un petit garçon souriant (et oui, tu souris pratiquement à tout le monde), plein de confiance. Je suis contente, parce que tu as l’air heureux et tranquille.
Tu tiens debout sur place, tout seul. Il y a deux jours j’ai eu les larmes aux yeux, parce que je t’ai vu faire deux pas vers moi tout seul. Papa t’entourait de ses bras, alors tu as marché. 2 petits pas, tout seul, comme un grand garçon.
Hier papa est allé t’acheter des chaussures. Ca coûte extrêmement cher les chaussures pour les nains. Il est revenu avec ta première paire de chaussures de marche. Elles sont rouges, montantes, fabriqués en France. La fierté de papa.
Papa est fou de toi. Tout comme moi. Il joue tout le temps avec toi, il te suit partout, il essaie de te lâcher pour que tu apprennes à marcher. J’adore ton papa quand je le vois comme ça.
Nous t’aimons comme des fous.
Parfois nous nous demandons si nous allons pouvoir donner tout autant d’amour à ton frère ou à ta sœur. Puis je n’y pense plus. Vu comme je fais attention à cette nouvelle grossesse, je pense que je ne me poserai plus de questions le jour J.
Il est vrai que ce n’est pas la même chose que la fois où j’ai su que j’étais enceinte de toi. J’essaie d’être plus calme, plus posée. De relativiser plus. De ne pas m’affoler. Maintenant j’attends l’échographie du 1er trimestre. Elle est dans moins d’une semaine. Alors je me pose des questions. Il y a plein de choses qui me traversent l’esprit. Est-ce que c’était le bon ovule qu’a trouvé le spermatozoïde ? Est-ce que c’était un des bons spermatozoïdes ? Est-ce que ce nouveau bébé se développera correctement, est-ce que j’aurai le bonheur de mener une grossesse normalement ?
Comment je ferai une fois que tous les deux vous serez là ? Comment allons nous nous débrouiller avec les sous ? A qui je vais confier ton frère ou ta sœur.
Mon papa me demandait hier si j’allais bien. Je suis fatiguée, j’ai des nausées tous les matins, parfois au milieu de la journée et le soir ! Donc je me rassure autant que je peux, je me dis que la grossesse avance. Pour l’instant elle avance. Je prends jour par jour, comme il vient. Du moins j’essaie. Des reflexes de la grossesse alitée reviennent. A chaque fois que je sens des écoulements je me précipite aux toilettes pour vérifier. J’ai eu peur il y a quelques jours, j’avais l’impression que ça n’allait pas. Et petit à petit, je me suis calmée. J’attends impatiemment mercredi prochain. Je veux une bonne nouvelle, une bonne clarté nucale. Et après encore quelques mois d’attente, pour être sûr que toi aussi ma toute nouvelle grenouille tu vas bien. Regarde, c’est la première fois que j’ose te parler, t’imaginer comme mon interlocuteur, mon tout nouveau bébé. Papa t’a fait des coucou il y a deux jours. Et hier aussi. Mon ventre reprend ses droits. Il s’arrondit petit à petit. Pour l’instant je rentre toujours dans mes vêtements, mais je ne veux pas te serrer.
Alors je prends ce qui est plus simple à porter. Plus j’y pense, plus j’ai envie que t’ailles bien et que tout soit parfait, pour toi aussi. Ton frère ne sait pas encore, mais il t’attend. Il adore les enfants. Il adore tout le monde. Il est comme ça. Il est gai et content et je crois qu’il sera ravi d’avoir un compagnon de jeu dans un an. Alors tu vois, c’est pour ça qu’il faut tenir bon et continuer à pousser comme un cadeau du ciel que tu es.
Ma toute nouvelle petite grenouille. Si l’écho est bonne, dans 6 jours, tu seras le plus beau cadeau pour les 1 an de ton frère. Je t’aime mon enfant. Je me projette déjà à te prendre dans mes bras et à te cajoler. Je sais que ça ne va pas être simple. Mais au bout d’un moment, quand tous les deux allez jouer ensemble, faire tranquillement vos nuits dans votre chambre aller vous réveiller pour jouer ou pour aller se balader ce sera une joie.

Mon Dieu, je sais que je ne suis pas venue te voir depuis un moment, pour mon fils je priais toutes les semaines, mais s’il te plaît, fais que mon deuxième bébé aille bien aussi.

Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article
14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 10:48
Semaine 7
Les nausées sont là et avec elles la fatigue, le blues, le teint fané, les maux de ventre.
Je me rappelle que je n’aime pas être enceinte, parce que je suis malade.
Je suis contente, mais j’ai aussi peur. J’ai peur d’un état permanent de fatigue, de pas être à la hauteur de cette 2e grossesse, pour ce 2e bébé, si les choses vont bien, de mettre mon couple en péril, de ne pas avoir suffisamment de place pour les deux bébés.
Mais surtout de la fatigue. Et de ne pas l’aimer comme j’aime mon fils.
J’ai arrêté la pilule, sans conviction. Enfin, si, une que ça n’allait pas marcher, que nous allions avoir à traverser les mêmes épreuves. Je suis tombée enceinte le 1er mois. Rien ne garantit aujourd’hui que tout ira bien. Samedi j’ai vu le cœur et l’embryon. Petite émotion, mais rien comparé à la 1ere fois. Quand je suis sortie, mon mari m’a dit « Donc on est officiellement dans la merde ! ». C’était de l’humour. Mais pas que.
Quand je pense que c’est possible de faire une fausse couche, j’ai des hauts le cœur. Quand je pense à avoir deux enfants tellement rapprochés j’ai une peur bleue. De pas m’en sortir. Et ça revient toujours ! la Fatigue. La vraie, de laquelle j’ai l’impression de pas arriver à me débarrasser. J’ai un état de fatigue constant. J’ai repris le travail trop tôt.
Si tout va bien avec ce deuxième bébé, je ne retournerai pas avant ses 6 mois. Et après, quand je pense qu’en mai je pourrai revivre cette aventure exceptionnelle, serrer mes enfants dans les bras, je suis heureuse.
Pour l’instant je ne pense pas à ce que peut arriver pendant la grossesse. Est-ce qu’elle peut être à nouveau pathologique ? Sans doute. Mais je n’y pense pas. Je pars sur de nouvelles bases. Tabula rasa…j’éponge et j’oublie. J’essaie.
Au final ça ne fait que 4 mois que je vis normalement. J’ai allaité pendant 6 mois. Alors peut-être que j’aurais voulu me sentir un peu plus libre pendant un peu plus de temps. Puis je culpabilise et j’ai mal au cœur, parce que je me dis que je ne pourrai jamais aimer cet enfant comme j’aime mon fils. Mon fils, ma bataille. C’est vrai…
Et pourtant l’instinct reste là, à me préserver et à me rappeler que je suis une femme, une maman et que je veux que tout aille bien. Je me lève le matin et je mets un peu de temps avant de réveiller les hormones. Un peu de temps avant de me rendre compte que je vais tout vomir. Et je suis tranquille, parce que je me dis que la grossesse est là et qu’elle avance.
Je me souviens avec horreur que le spermogramme de mon mari montrait beaucoup de spermatozoïdes mal formés. J’espère que ce n’est pas l’un d’entre eux qui a retrouvé l’ovule. J’espère que l’écho des 3 mois sera ok et que toutes celles d’après seront bonnes. Je ne veux pas d’accident. Pas après les 3 mois…pas de fissure, pas de liquide perdu…Rien, un bébé en bonne santé, pour aller de l’avant. Donner un frère à mon fils. Ou une sœur. Un bébé un bonne santé et une grossesse normale.
Pour la grossesse j’essaie de faire attention. Pas porter (à part les 8.5 kilos de mon petit), pas rester longtemps debout. Je n’ai pas prévu de voyage à plus de 1h de voiture et je ne veux pas en prévoir. Si ça se passe bien, je resterai tout de même à côté de chez moi. Tranquille, à profiter de mes deux hommes, de notre vie à 3, du chat qui commence à s’arrêter de plus en plus pour regarder le bébé, du bébé qui s’arrête pour lui parler, lui tendre son doudou. Mon fils, le plus beau du monde, qui se réveille avec le sourire  et qui crie quand il me voit. Mon grand garçon…le lien que j’ai eu avec toi est tellement fort, que j’ai peur de ne pas pouvoir donner la même chose à ton frère ou à ta sœur. Je parle un peu aux collègues qui ont déjà deux enfants. Elles me disent que ce n’est pas pareille. Si tout va bien avec ce nouveau bébé, j’aimerais pouvoir lui apporter autant d’amour. Je ne veux pas imaginer une seconde que j’aime l’un plus que l’autre.
Je ne suis pas prête à être enceinte à nouveau, certes…mais je suis déjà maman. Ca doit aider quand même…je protège ce nouveau bébé autant que le premier. Je souhaite qu’il soit en bonne santé et qu’il soit aussi souriant et heureux que son frère.
Quelque chose d’autre qui me turlupine : la prise de poids. Je pense que si j’avais fait un peu plus attention pour ma première grossesse, j’aurais pu prendre moins de kilos. Là je suis obligée de faire attention. Il me reste un kilo à perdre de la première fois et j’étais un peu au-dessus de ma moyenne. Il ne faut pas que j’exagère cette fois. Je n’aime pas me dire que c’est tellement dur de retrouver son poids de forme.
Prochaine visite médicale, si tout va bien dans à peu près 1 mois. D’ici là, j’espère que tout ira bien.
 
Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article
2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 16:02
Tu viens d’avoir 9 mois et (je touche du bois !!) je peux dire que tu fais maintenant tes nuits. Ca fait à peu près 3 semaines que tu ne te réveilles plus la nuit. En revanche tu n’as pas encore de rythme le matin. Ca varie entre 6h30 et 7h30. Je t’avoue que j’aime mieux quand c’est vers 7h30 ou même 7h. 6h30 c’est compliqué le week end, même si la semaine ce n’est pas grave, parce qu’on se prépare à aller au travail un peu plus tôt.
Tu as une vitesse folle à 4 pattes, mais j’ai l’impression que ça t’intéresse de moins en moins. Ce que tu veux faire surtout c’est t’accrocher à n’importe quoi pour te mettre debout. Pour les autres c’est à peine perceptible, mais moi je sais que tu le fais de mieux en mieux. Je sens que tu as de plus en plus de force dans tes jambes pour te mettre debout, que tu as de plus en plus de force dans tes bras pour t’accrocher. D’ailleurs ça devient dangereux, parce que tu penses que tout peut tenir. Alors que parfois tu t’accroches à mon sac à main pour te mettre debout.
Nous avons fait lundi dernier la visite des 9 mois.
Tu fais 7,720 kilos (tu as repris un peu, parce que tu as stagné pendant longtemps à 7.4) et 69 cm . Tu as poussé mon bébé. Papa t’avait mesuré il y a 3 semaines et tu faisais 65 cm . Je suis toute fière de toi.
Côté activités, j’essaie de t’apprendre à me donner les objets, mais ce n’est pas ton point fort, loin de là. Tu vas tenir un objet dans la main et tu vas l’agiter devant mes yeux, mais tu ne veux pas me le donner. Ou alors il faut vraiment que j’insiste ! Tu aimes tout sortir, jouets, livres des étagères, cubes en bois etc…Hier j’ai écrit avec des lettres en bois ton prénom, tu les as pris une par une et tu les as mangées. 
Tu mets tout à la bouche. Parfois il y a des micro miettes de pain par terre. Tu arrives à les prendre entre tes petits doigts et à les mettre à la bouche. J’essaie d’intervenir vite, mais je n’arrive pas toujours à temps.
Tu aimes ton doudou girafe, tu lui parles le matin et hier on a cru avec papa que tu avais enfin trouvé THE doudou ! Il n’en est rien aujourd’hui.
 
Ce matin, en te donnant le bib je t’ai aussi expliqué que c’était la dernière journée que tu passais chez ta nounou qui t’as eu à 3 mois. Je t’ai dit que tu auras une période de transition, que ce sera mamie qui te gardera et ensuite maman et papa et puis l’autre mamie. Et à partir de septembre ce sera une autre nounou et une fois par semaine à la crèche. Tu verras d’autres enfants, tu découvriras d’autres jouets, tu apprendras à chanter, à applaudir…
Je t’ai dit que le fait de quitter ta nounou n’était pas grave, que la prochaine nounou t’apprendra beaucoup de choses. En vérité, je suis contente que ça s’arrête maintenant avec ta nounou ! Elle ne fait pas d’activités avec toi, elle sort faire ses courses et récemment elle nous a même lancé qu’elle fait les soldes avec toi ! Bien sûr, en attendant elle fait manger ses enfants, les autres enfants qu’elle garde, elle fait à manger…Elle te laisse libre dans l’appartement. Elle me dit qu’elle te lit des histoires, mais je pense qu’elle a du mal à lire, alors je crois qu’elle me ment.
La fin de son contrat ne s’est pas bien passée non plus. Elle veut toujours plus d’argent. Ca ne lui suffit jamais que je lui paie les jours où elle ne travaille pas, parce qu’elle est à l’hôpital (a priori, parce que si je lui demande un document, elle ne peut pas me le fournir), quand je ne compte pas ses heures, quand je lui donne 6€ de plus, quand je lui paie 1/2h d’heures supplémentaire, dans les conditions où j’ai dû lui payer des dizaines d’heures non travaillées. Elle est comme ça. Il y a que l’argent qui la motive. Et je n’ai jamais bronché, avant la dernière fois, parce qu’elle te garde et que, comme dit papa, tu as toujours le sourire quand je viens te chercher, toujours le sourire quand tu arrives ! Elle fait que des activités pour elle (que j’aimerais être payée pour faire les soldes !) mais heureusement et je remercie Dieu, toi tu vas bien. Tu rigoles quand ses enfants jouent avec toi, ils jouent à cache-cache, ils t’apprennent à pencher la tête et toi tu ris, parce que tu aimes bien les autres enfants.
Mais bien sûr, je ne te raconte pas les soucis avec elle, tu liras quand tu seras plus grand. Je t’ai juste dit qu’une autre période arrivait, qui sera riche en apprentissages de toutes sortes.
Hier je n’en pouvais plus, alors j’ai appelé la PMI pour savoir exactement ce qu’une nounou a le droit ou non de faire pendant la journée. A priori, et si je l’avais su depuis le début, ça aurait changé pas mal de choses, elle n’a absolument pas le droit de faire les soldes, de faire ses courses, de faire des choses pour elle…normalement son temps devrait être dédié aux enfants. La tienne je pense qu’elle fait tout, sauf s’occuper de ton éveil. Ce sont ses enfants qui le font, à leur manière. On réfléchissait hier avec papa et tout ce que tu as appris, tu l’as appris avec nous. Au final, tant mieux. J’ai pu voir ta première main hésitante lors du premier « saut en avant » qui a marqué le début de tes 4 pattes. Mon beau garçon, qui dit de mieux en mieux maman et qui tourne la tête quand je demande « il est où papa ? ».
 
Sinon j’attends impatiemment les vacances d’été, parce que je suis très fatiguée et que j’ai besoin de beaucoup de repos. Nous partons en bord de mer avec papa et j’ai hâte de te faire découvrir la mer, de jouer dans le sable avec toi, de te laisser cul cul à l’air, pour que ta peau respire un peu. J’ai hâte que tu respires l’air salé, iodé de la mer, que tu touches le sable, que tu fasses du 4 pattes sur des terrains immenses, de regarder le soleil gagner la plage tôt le matin, de revenir pleins de sable pour faire ta sieste…J’espère que ça va bien se passer. Tu ne le sais pas, tu étais occupé à grandir dans mon ventre (et tant mieux !) mais l’an dernier papa et moi n’avons pas eu de vacances. Je n’ose pas regarder les posts que j’écrivais l’an dernier vers la fin juillet, mais je me souviens qu’aux alentours du 24 (je ne sais pas pourquoi j’ai retenu cette date) nous avions atteint un stade important de 24 semaines. Je ne vais pas regarder les autres posts. Je reste sur mon petit nuage de bonheur, de te voir grandir et apprendre tous les jours. Que Dieu te bénisse et qu’il te garde toujours souriant et joyeux.
 
PS
Depuis que j'ai écrit ce post, que j'ai mis du temps à publier, tu as 4 dents qui sont sorties, tu tiens de mieux en mieux debout, tu as été baptisé et j'ai appris que j'étais enceinte!
C'est arrivé pendant les vacances, de la manière la plus simple et naturelle au monde. Je n'ai pas beaucoup de symptômes, je ne sais pas si je suis prête à être maman à nouveau et j'ai surtout la superstition d'une fausse couche, mais le plus important c'est que la prise de sang dise positif 5046 Bhcg. Je n'ai toujours pas vu le médecin, j'espère que tout va bien et que tout ira bien. Ne tenant pas compte de mes superstitions, on a tout annoncé à la famille! J'espère que j'aurai de bonnes nouvelles d'ici octobre. J'ai le coeur tout petit, car c'est tellement différent de la fois où je t'ai attendu...alors je me dis que ça ne tiendra pas. Mais un espoir est né. Nous pouvons être comme tout le monde. Que Dieu bénisse ce nouveau bébé aussi.
Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article
9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 15:47

Mon bébé,

Tu auras bientôt 9 mois. Toujours aucune dent en vue, bien que tu as quelques signes annonciateurs : la bave, l’envie de mordre tout le temps, les petites colères…

Tu as appris à te mettre tout seul assis et c’est drôle, parce que tu le fais de plus en vite, de plus en plus assuré. Hop, tu n’as plus envie de te balader à 4 pattes, tu te mets assis et tu trouves quelque chose à mettre à la bouche.

Tu arrives aussi à te mettre debout si tu t’appuies à quelque chose. Une chaise, une table, mes genoux, les genoux de papa !

Assis, tu tiens droit comme un I. Tu rigoles de plus en plus et tu papotes de plus en plus. Tu grandis mon enfant ! Le matin quand je viens te chercher dans ton petit lit, parce que tu commences à parler avec ton doudou, j’ai le cœur rempli de joie. J’ai hâte de te prendre dans mes bras pour commencer la journée. Je me pose quelques minutes avec toi dans ta chambre et j’attends que tu te réveilles. En général ça ne te prend pas longtemps, tu émerges rapidement et tu veux tout de suite attraper quelque chose : le bavoir qui traîne, une paire de chaussettes, un haut, une peluche. Tu as un faible évident pour les tubes d’homéopathie, quand tu en vois un, tu es content, tu essaies de le mettre à la bouche…

Tu fais de plus en plus petit garçon. Les yeux, le sourire, la détermination de toucher à tout ce qui est interdit. Je ne comprendrai jamais pourquoi tu veux mordiller les fils électriques et toucher les prises. En ce moment ce qui te fait le plus plaisir, à part te mettre debout au risque de te cogner, c’est sortir tous les livres de la bibliothèque. Un par un, pour faire tout un tas devant les étagères. Après tu en choisis un (le Médecin malgré lui a beaucoup souffert) et tu l’ouvres pour le mettre à la bouche et le mordre. Il y en a qui sont très mal en point et je crois que ça ne fera qu’empirer !

 

J’arrive de mieux en mieux à déculpabiliser quand je pars faire du sport, ou au cinéma, mais je n’envisage en aucun cas de faire une journée ou une nuit sans toi. Je ne peux pas. Je me suis retrouvée un peu en panique il y a quelques jours, j’ai vu quelque chose de bizarre dans tes yeux, une ombre incompréhensible comme un handicap, qui m’a fait peur. C’est passé rapidement, à la vitesse d’une pensée. Mais cette image me reste dans la tête et me fait peur. Je ne veux pas imaginer ce que les mamans d’enfants handicapés vivent…

Difficile d’expliquer ce sentiment et puis d’ailleurs je n’ai pas envie d’y repenser !

Tu es un petit garçon ni trop grand ni trop petit, ni trop moche, ni trop beau (quoique, parfois je ne me lasse pas de te regarder quand tu dors, je te trouve plus beau qu’un ange), ni trop en avance, ni en retard…j’aimerais que tu restes comme ça toujours, un enfant normal, plein de vie, avec un grand sourire quand il se réveille.

Je t’aime mon fils, aujourd’hui je vais te récupérer plus tôt chez la nounou, pour profiter du jardin et du beau temps ! Ma période de travail allégée touche bientôt à sa fin et j’ai envie de profiter de toi. Après ce sera une heure de plus par jour qui nous sera volée.

Repost 0
Published by lettreamafille
commenter cet article
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 10:10

Mon amour,

Tu as 8 mois aujourd’hui. Tu rampes dans tout l’appartement, tu peux faire le tour, maintenant. Tu es attiré que par les choses qu’il ne faut pas faire. Toucher les prises, tirer sur la plante dans le salon, lécher les pieds en aluminium des chaises (tu es comme une pie, t’aime tout ce qui brille !), tirer sur les fils électriques…Et tu peux faire toutes ces bêtises en quelques secondes. Je n’arrive pas à savoir en quelle mesure je peux te laisser vraiment traîner partout. J’ai tendance à vouloir faire le ménage tous les jours, surtout avec le chat, qui laisse plein de poils et qui ramène de la litière dans le salon. Mais c’est pratiquement impossible, je suis trop fatiguée.

Comme d’habitude, ma mère me met la pression. Je lui ai dit que j’étais fatiguée, que je revenais du travail, que je m’occupais de la maison et de toi, de te faire à manger, de nettoyer, mais elle a quand même trouvé le moyen de me dire qu’il fallait que je me plie en 4 et que j’arrive à passer l’aspirateur chaque jour. Merci maman ! Il faut que j’apprenne à ne pas te mettre la pression. J’espère que je ne le fais pas.

 

Bien qu’il fasse chaud, même très chaud, depuis un petit moment, tu as quand même choppé mon rhume. Sauf que tu tousses aussi. Ca t’a réveillé cette nuit. Soit la toux, soit la chaleur. Je me suis levée, je t’ai donné à boire et tu t’es rendormi dans mes bras à 2h30. Je suis retournée me coucher, mais tu t’es mis à bien tousser. Alors je me suis posée sur le canapé plié dans ta chambre, pour être à tes côtés, si jamais tu te réveillais et tu avais besoin de moi. J’y suis restée un petit moment, pour être sûre que tu t’étais bien rendormi. Ce matin tu t’es quand même réveillé tôt, à 6h15. Quand tu te réveilles à 6h15, ça me tue…à partir de 7h c’est bon, mais tout ce qui est avant ça me dérègle et me met en état de veille – survie toute la journée.

 

Ce n’est pas exactement le lieu pour en parler, mais en ce moment je me sens bien seule…Pleine de bonheur, parce que je suis avec toi, mais seule…J’ai l’impression de devoir tout gérer toute seule : ton baptême (le RDV avec le père, l’organisation, etc…), l’appartement (j’aimerais vendre la table que nous avons pour en prendre une plus petite et surtout ronde, pour que tu ne te fasses pas mal en tombant sur les angles), le travail, les impôts, la nounou, ta nouvelle nounou (car il est possible que nous ayons une crèche familiale bientôt, mais je n’ai pas encore rencontré la future nounou), les comptes qui sont difficiles à gérer, parce que la nounou nous coûte très cher. Je lutte pour que tout soit propre, pour que tu aies un environnement sain et propice, mais ça me prend une énergie dingue. Il y a des soirs où je dois attendre 22h pour me poser. Je n’ai plus vu un film à la maison depuis des lustres, quand je suis sur le canapé je m’endors tout de suite. Normalement ça ne devrait pas me déranger plus que ça et la plupart du temps je me rends compte que je suis tellement chanceuse et heureuse de t’avoir, que j’oublie tout. Mais le fait de devoir tout faire toute seule, parce que papa est très absent (pas de ta vie, mais de la mienne) en ce moment, me fatigue et m’attriste. Parfois je me demande ce qui se passerait si je laissais tout tomber. Si je ne faisais pas le ménage, si je t’amenais chez ta nounou avec un pantalon sale, comme ce matin, parce que avais traîné par terre, si je ne prenais plus tes RDV chez le médecin, si je ne m’occupais plus de regarder ce qu’il y a dans le frigo, pour que je puisse tous les jours t’acheter à manger, si je ne payais plus la nounou, si je ne gérais plus les comptes, si je me laissais aller, à me dire « on verra bien »…Si je ne m’occupais pas de payer les vacances (toujours !) ou de les organiser…si je ne descendais pas systématiquement les verres, si je n’arrêtais pas de prendre des initiatives, si je ne rangeais pas tous les jours les affaires de papa, qui s’entassent derrière la porte, sur la machine à laver, sur la chaise de l’entrée. Je sais que c’est un bon papa pour toi, parce qu’il t’aime et qu’il te fait découvrir plein de choses, mais je ne sais plus comment le faire s’intéresser à la vie quotidienne, avec le lot de choses chiantes qui vient avec.

Parfois je me demande si je ne lui en demande pas trop à papa, ou pas forcément trop, mais plus que ce qu’il ne veut en faire. Ce n’est peut pas à lui de se remettre en question, mais à moi, pour savoir si je peux continuer à tout gérer toute seule, à tout assumer (verres, nounou, frigo, ménage, vacances, impôts, comptes, découverts du compte commun, que je renfloue tous les mois, relations avec tout autre personne extérieure que ton papa ne connaît pas et à laquelle il ne répond pas au téléphone, appels des amis qui le cherchent et qu’il ne rappelle pas) ou si j’attends de lui qu’il change, sans y mettre beaucoup d’espoir. Malgré tout l’amour que je porte à ton papa, et Dieu sait que je l’aime de tout mon cœur, sinon une personne aussi « carrée » que moi, avec un tel besoin de sécurité n’aurait pas pu vivre tant d’années à ses côtés, le quotidien difficile (mais pas à cause de toi, il faut que tu le saches et que tu te le rappelles toujours, tu es la merveille, le miracle de ma vie !) est en train d’éroder petit à petit ma confiance en l’avenir de notre relation. Et ça me fait tellement mal, comme un coup dans le ventre, qui t'empêche de respirer.

 

Repost 0
Published by lettreamafille
commenter cet article
11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 21:31
Ca y est, mon chéri, tu rampes. Et tu grimpes. Tu as commencé à faire tes premiers « pas » à 4 pattes ce samedi. Mon grand bébé ! Au début c’étaient des petits pas timides et parfois tu restais avec une main bloquée en l’air, comme si tu te posais la question : et elle, j’en fais quoi, maintenant ?
C’est hallucinant comme tu as fais des progrès vite. C’est d’ailleurs, je pense ce qui te réveille la nuit en ce moment. Je te retrouve à 4h30 (c’est ton créneau à toi) à 4 pattes sur le lit, prêt à partir. Avant-hier tu faisais 2 pas, hier j’ai dû rester à tes côtés tout le temps. A peine je me suis levée et je t’ai retrouvé tirant sur le fil de l’ordinateur. J’ai levé la voix une fois, deux fois, je me suis posée à côté de toi, pour t’expliquer pourquoi il ne fallait pas que tu tires dessus, pourquoi il ne faut surtout pas mettre le cordon à la bouche, mais pour le moment tu es beaucoup trop petit pour comprendre : et le fait que je lève la voix (d’ailleurs ça te fait marrer, tu me souris la plupart du temps) et le fait que je décide de te mettre dans ton lit et ne pas te laisser gambader. A part être avec toi 100% du temps, je n’ai pas beaucoup d’alternatives. Il faut dire que je ne t’aurais pas beaucoup laissé seul depuis le début. Parfois j’en suis épuisée et j’aimerais juste faire à manger tranquillement, mais non ! Depuis le début tu n’as voulu que mes bras et maintenant que tu te déplaces, il faut que je sois à côté de toi tout le temps. Tant pis, je ferai autre chose une autre fois.
 
Sinon tu es en pleine forme. Tu râles beaucoup en ce moment, surtout quand tu ne peux pas faire ce que tu veux, mais tu commences à montrer ton caractère bien trempé. Je disais à papa hier que tu étais têtu, il m’a regardé un peu amusé et il m’a dit : « Ben, je te rappelle que c’est ton fils et le mien ! ».
 
J’essaie de t’apprendre à faire tes nuits, mais tu ne veux pas. Tu te réveilles toujours. Ca devient réellement crevant. J’ai commencé à lire un livre sur le sommeil et il est conseillé de t’apprendre à ne plus manger la nuit, parce que tu as suffisamment de quoi tenir. Oui, ok, mais comment faire, parce tu es le modèle qui peut crier pendant très très longtemps quand tu n’as pas ce que tu veux. Dans le livre il est écrit de diminuer progressivement les doses du bib de nuit. Tu es à 210. Cette nuit je t’en ai donné 180 et je suis censée t’en donner uniquement 150 cette nuit. Je suis obligée de faire ça. Tu as 8 mois dans une semaine et tu te réveilles quand même.
 
J’ai eu le cœur un peu lourd ce week end, parce que j’ai l’impression que je suis obligée de lever tout le temps la voix, de te dire tout le temps non, mais ça ne sert pas à grand-chose. Ce week end, ce qui a été éreintant, c’est que tu t’es réveillé à 6h30 et tu n’as plus voulu dormir. DU TOUT. Tu ne veux pas faire la sieste avec moi, tu ne veux pas faire la sieste dans ton lit, tu n’as pas voulu te reposer. Et ce qui est frustrant, c’est qu’à chaque fois que je demande à la nounou si tu as dormi elle me répond systématiquement : Oui, très bien, une heure le matin et 2h l’après-midi. A croire que ton sommeil est conditionné par ma présence. Tu refuses de dormir la journée. J’appréhende un peu ce week end, parce que je suis toute seule avec toi samedi, toute la journée, si tu décides de ne pas vouloir dormir, ça va m’épuiser.
Depuis l’accouchement je n’ai pas eu beaucoup de moments de répit. Ce n’est pas grave, je me reposerai plus tard. En attendant j’ai hâte de te revoir ramper. Mon grand garçon.
Repost 0
Published by lettreamafille - dans mon parcours
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lettreamafille
  • : Un journal pour mon enfant
  • Contact

Recherche

Liens